novembre 25

Le Kenya veut devenir une destination halal

Le Kenya veut devenir une destination halal. C’est ce qu’a annoncé le ministre du Tourisme à l’inauguration du premier salon du halal en Afrique de l’Est, qui s’est tenu à Nairobi les 19 et 20 novembre derniers. Le pays veut profiter de la croissance soutenue du secteur halal pour relancer son industrie du tourisme, qui a fortement souffert ces dernières années de la menace des shebabs somaliens.

Devant une affiche représentant un éléphant barré du slogan « la magie du Kenya », Taher Adamji, le directeur de l’agence de voyages kényane African Quest présente sa nouvelle forme de safari halal friendly. « Nous promouvons l’idée que vous pouvez très bien être musulman et partir en safari et qu’il est possible d’avoir des plats halal et de faire ses prières », explique-t-il.

Aujourd’hui, sur les 5 000 touristes qui font appel à son agence chaque année, seulement 2 % sont musulmans, mais Taher Admaji est confiant dans l’avenir du secteur. « Nous recevons une clientèle venant du monde arabe et même de pays occidentaux où il y a beaucoup de musulmans. Ils ont des demandes précises, spécialement en ce qui concerne la nourriture halal. »

Taher Adamji revendique également un marché régional puisque la communauté musulmane est fort représentée au Kenya (où elle représente 10 % de la population) et chez les voisins. Il y a aussi un important potentiel pour attirer les touristes d’autres régions d’Afrique.

Une demande grandissante

Le secteur hôtelier veut lui aussi profiter de la demande grandissante des musulmans, et en particulier dans le pays. Plusieurs hôtels halal ont ouvert à Nairobi en 2015.
Feza travaille à l’hôtel Saab Royale, un établissement qui a ouvert l’année dernière. La jeune femme explique qu’elle-même musulmane, elle avait « remarqué qu’il y avait un manque à gagner dans l’industrie hôtelière en ce qui concerne les services proposés aux musulmans. »

En 2020, les musulmans dépenseront environ 233 milliards de dollars par an dans ce type de tourisme, selon la fondation Thomson Reuters. Cela en fait l’un des secteurs les plus dynamiques du tourisme mondial.

Une opportunité à saisir pour les autorités du pays

Les autorités kényanes affichent leur volonté de saisir l’opportunité. Les 19 et 20 novembre derniers, Nairobi accueillait le premier salon du halal en Afrique de l’Est. « Nous voulons dire au monde qu’il n’est pas nécessaire d’aller dans des pays comme l’Indonésie, le Japon ou encore l’Inde. Nous avons aussi du tourisme halal et souhaitons légiférer afin que l’industrie puisse être certifiée hallal », affirme Jacinta Nzioka, la directrice du comité kényan pour le tourisme. La responsable souligne que si les voyages depuis les Émirats arabes unis augmentent très rapidement, ils sont loin d’avoir remplacé ceux du marché occidental dont le pays a longtemps dépendu.

Le halal représente donc un marché à fort potentiel sur lequel le Kenya compte pour remettre son tourisme sur les rails. Entre 2014 et 2015, les recettes du tourisme avaient en effet diminué de 3 % à la suite de plusieurs attentats des islamistes somaliens Shebabs. Un coup dur pour le secteur qui représente environ 10 % du PIB kényan.

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