novembre 23

Les OGM prennent peu à peu racine au Nigeria

Au Nigeria, la culture des OGM vient d’être approuvée par l’Académie nationale des sciences, qui souligne l’enjeu de sécurité alimentaire.

L’Académie nigériane des sciences vient au secours des OGM, après les manifestations monstres du printemps au Nigeria contre Monsanto, qui les commercialise. Le Nigeria devrait être le cinquième pays d’Afrique à se lancer dans leur production commerciale, après l’Afrique du Sud, le Burkina Faso, l’Égypte et le Soudan.

Pour l’instant, seuls des essais ont été réalisés, de maïs OGM, de riz, de niébé et de manioc. Mais le processus avance avec une loi sur la biosécurité l’an dernier, et aujourd’hui le blanc-seing de l’Académie nigériane des sciences : les OGM sont « sains à produire comme à consommer », estiment les chercheurs nigérians. « Les bénéfices à en tirer l’emportent sur les inquiétudes » qu’ils peuvent inspirer : il s’agit de « doper l’agriculture nigériane » pour nourrir moitié plus de personnes dans 15 ans au Nigeria, soit 260 millions d’habitants.

Un impact qui reste à mesurer

L’augmentation des rendements n’est pourtant pas le principal avantage trouvé aux OGM par une autre Académie des sciences, celle des États-Unis, eldorado de ces cultures : aucune preuve, selon la recherche américaine, que le tonnage a progressé plus vite aux États-Unis grâce aux OGM qu’en Europe avec la simple sélection variétale sans OGM. Il n’empêche qu’on récolte depuis cinq ans aux États-Unis, et malgré la sécheresse, une tonne de plus à l’hectare qu’en France, selon Agritel, le rendement du maïs OGM est le double du maïs conventionnel en Afrique du Sud ou au Nigeria, selon le Groupement national interprofessionnel des semences en France.

Les semences transgéniques sont certes plus chères, c’est ce qui fait revenir certains agriculteurs américains aux cultures conventionnelles depuis la chute des cours des céréales, mais les semences Bt nécessitent bien moins de pesticides, puisqu’ils sont intégrés à la plante. C’est ce qui avait rendu le coton transgénique si populaire auprès des agriculteurs au Burkina Faso, avant qu’on ne découvre qu’il rétrécissait la fibre blanche. Mesurer l’impact positif ou négatif des OGM imposera, reconnaît l’Académie nigériane des sciences, une « vigilance sur leurs effets à long terme », au Nigeria comme ailleurs.

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