octobre 05

Mali: le plein emploi existe à Koumantou

Dans le Sud du Mali, à 250 kilomètres de Bamako, la commune de Koumantou connaît le plein emploi. L’agriculture est florissante, notamment les cultures de coton ou de céréales. Les jeunes de la région n’émigrent plus vers la capitale. C’est même l’inverse.

La commune de Koumantou regroupe 37 villages pour près de 64 000 habitants. Là-bas tout le monde travaille et vit grâce aux champs de coton, de maïs ou de riz. Zan Koné est le maire de la commune : « 80% de la population vit de l’agriculture, 8% de l’élevage et le reste, ce sont des commerçants. Il y a même d’autres activités. On n’a pas de chômage. »

La majorité des champs appartiennent à un seul homme, Bakary Togola, le président de l’Assemblée des chambres d’agriculture du Mali. Parti de rien, il a depuis acquis près de 1 500 hectares de terres cultivables sur lesquelles il emploie de la main-d’œuvre locale. « Parfois j’emploie jusqu’à 500 personnes, s’enorgueillit Bakary Togola. Je les paie et j’en suis très fier. Mon père m’a poussé dans le secteur agricole que j’ai tout de suite aimé. Aujourd’hui je veux conduire d’autres personnes sur cette voie pour qu’elles jouent mon rôle demain. »

Une centaine de travailleuses s’activent à désherber les rizières. Djelika Togola a 22 ans, c’est la deuxième saison qu’elle passe ici, pour mettre de l’argent de côté. « Ici, je suis payée 1 000 francs CFA par jour. A la fin du mois, ça fait 30 000 francs. C’est presque deux fois plus qu’à Bamako. Quand je viens ici, je sais que je vais avoir du travail. »

Autosuffisance alimentaire

Les productions qui ne sont pas consommées à Koumantou et dans les villages, sont exportées à l’étranger. « On a atteint l’autosuffisance alimentaire, explique Zan Koné. On a notre banque de céréales. On n’achète rien. Les gens ont à manger. L’exportation est une évidence pour nous. Chaque mercredi, il y a des tonnes de céréales qui quittent Koumantou pour aller vers Sikasso ou dans les villes. Avant, c’était le contraire. »

Un argument repris par un autre paysan, juché sur son tracteur au beau milieu d’un champ en jachère. « On mange de tout et on ne manque de rien. Depuis que je suis tout petit, je travaille ici. Avec les machines on peut cultiver beaucoup d’hectares. Ce qu’on a en trop, on le vend ailleurs. »

Et s’il fallait une dernière preuve du plein emploi dans cette partie du pays, le maire se charge de l’apporter. « 90% des habitants payent leurs impôts dans les temps et sans qu’on aille réclamer ça, rigole-t-il. Un fait plutôt rare au Mali. »

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