mai 07

IFA Talks : créer un réseau professionnel en Afrique, les conseils des repats

A l’issue de la 9e édition des IFA Talks s’est tenue le 26 avril dernier, en petit comité, à la Maison de l’Afrique, à Paris, un réseau professionnel avant d’envisager une carrière sur le continent a vu le jour.

Selon l’équipe d’Initiative for Africa – une association qui accompagne l’entrepreneuriat des jeunes et œuvre en faveur de la promotion d’un nouveau leadership africain -, ils seraient 20.000 travailleurs qualifiés, étudiants et jeunes diplômés, à continuer à quitter le continent chaque année pour démarrer leur carrière en Europe ou aux Etats-Unis. Pour autant, nombreux sont aussi ceux qui manifestent aujourd’hui un regain d’intérêt pour leur pays d’origine dans l’optique de créer de la valeur localement. Eux, ce sont les repats ou « returnees ».

Malgré la surexposition des success stories dans les médias, il est fondamental de créer un réseau avant le départ en se rendant sur place, et de continuer à tisser des liens une fois installé. « J’ai eu la chance, en tant qu’ancien journaliste, de séjourner régulièrement sur le continent, notamment en Afrique francophone, a ainsi confié Mahamadou Camara, CEO d’Impact Medias Group désormais installé au Mali. C’est essentiel pour comprendre la complexité du continent », a-t-il complété.

« Les décideurs africains cherchent avant tout des gens qui ont du leadership, capables de faire face aux réalités du continent », soutient de son côté Yann Hazoume, associate director chez Morgan Philipps Executive Surch, un cabinet de recrutement dédié au marché africain spécialisé dans la détection de talents. D’où l’importance de récolter de l’information sur le pays convoité avant de s’installer. Et d’effectuer un gros travail de veille en amont pour préparer sa « répatritation ».

Aux États-Unis, on vous demandera quelles sont vos compétences, en France on préfèrera connaître vos diplômes, tandis que dans les pays d’Afrique, on vous demandera qui vous a envoyé. Un drôle de poncif évoqué lors du panel, mais non dénué de vérité. « Le caractère confidentiel de l’information liée au recrutement en Afrique fait que le réseau est essentiel », affirme Yann Hazoume. « La recommandation joue un rôle important en Afrique dans la mesure où le marché du travail est difficile, qu’il y a moins d’offres et que les compétences sont moins visibles », constate Mahamadou Camara.

Quelles solutions pour tisser son réseau ?

Inutile pour autant d’être « fils ou fille de », pour voir son CV en haut de la pile. Il existe quelques fondamentaux à suivre pour étoffer son carnet d’adresses et se rendre visible. « La création de réseau repose sur quatre critères essentiels, à savoir la technique de markéting de réseau – une méthode qui s’apprend dans le cadre de formations dédiées – l’intelligence émotionnelle, l’audace – il ne faut pas avoir peur d’approcher les gens – et les endroits fréquentés », analyse Marie Ogou, entrepreneure spécialisée dans le conseil juridique et dans les nouvelles technologies pour plusieurs pays d’Afrique.

Elle explique s’être constituée un réseau en se rendant là où les gens se trouvent : des événements dédiés au secteur convoité aux colloques organisés par les ambassades, en passant par les after works de forums « où il est plus facile de créer des liens ».  Puis s’ensuit la création de confiance. Des points que confirment Karl Lawson, Account manager director chez Horpcotch Africa. « Il est important de savoir qui fait quoi et qui est qui. En clair, d’identifier les influenceurs pour toucher les bonnes personnes », conseille « cet homme de réseau » qui relève toutefois l’importance première de nouer des relations humaines. « On a d’abord des connaissances et des amis ».

Rencontrer des gens, c’est bien. Savoir avant tout bien s’entourer, c’est mieux. « Il faut trouver des collaborateurs, des gens fiables avec des compétences réelles pour sécuriser son marché. Des points inhérents à la vie de l’entreprise », note Mahamadou Camara. Puis, vient la question du « elevator pitch », selon Karl Lawson. A savoir la construction d’un discours clair et convainquant pour retenir l’attention.

Bien sûr, la construction d’un réseau professionnel passe aussi par les réseaux sociaux. Les outils comme Twitter et LinkedIn sont des facilitateurs de mise en relations avec les potentiels recruteurs « Il faut aussi savoir oser se vendre et faire du personal branding à la manière des anglo-saxons », conclut Karl Lawson.

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