février 23

En 2017, 124 start-up africaines ont reçu 560 millions de dollars d’investissements en capital, selon Partech

Partech Ventures, qui a lancé le mois dernier son fonds de capital-risque dédié aux start-up africaines, a publié mardi une étude sur les investissements en capital dont ont bénéficié en 2017 les jeunes entreprises du continent actives dans le secteur des nouvelles technologies.

En 2017, 128 levées de fonds ont permis à 124 start-up africaines actives dans le secteur des nouvelles technologies d’engranger 560 millions de dollars en capital. C’est ce qui ressort d’un article publié le mardi 20 février, sur le réseau social LinkedIn par Cyril Collon, associé du fonds de capital-risque français Partech Ventures.

Pour cette étude, le fonds a analysé les contrats d’un montant compris entre 200 000 et 100 millions de dollars, en capital-risque, en direction de start-up ayant leur principal marché en Afrique, quelle que soit la localisation de leur siège social.

Le secteur reste largement dominé par les anglophones, Afrique du Sud, Kenya et Nigeria en tête

Les investissements ciblés sont en hausse de 53 % par rapport à 2016, et ont été multipliés par 14 depuis 2012. Quant au nombre d’entreprises bénéficiaires, il est passé de 74 en 2016 à 124 en 2017 (+ 61 %), traduisant le dynamisme du secteur africain des nouvelles technologies.

Les anglophones en tête

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Quel financement pour les start-up africaines ? (en millions de dollars). Source : Partech Ventures
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Le secteur reste largement dominé par les anglophones, Afrique du Sud, Kenya et Nigeria en tête. Avec 36,7 millions d’investissements en capital, les entreprises actives au Rwanda s’offrent la 5e place, et trois pays africains ferment le top 10 : le Sénégal (8e avec 10,7 millions de dollars), le Maroc (9e avec 3,9 millions de dollars) et le Cameroun (10e avec 2,7 millions de dollars).

La Tunisie franchit elle aussi la barre du million de dollars : les start-up qui y sont actives ont réussi à lever 1,5 million en 2017. À eux cinq, ces pays ont recueilli 10 % du financement global (55,5 millions de dollars).

Le bond en avant des e-services

 

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En termes d’activité, trois secteurs se détachent : la production énergétique hors-réseau, la fintech et le e-commerce, qui raflent à eux seuls 61 % des investissements.

Une comparaison entre les données 2016 et 2017 montre la très forte progression des investissements dans les services en ligne ou via des applications mobiles : + 74 % pour le e-commerce, mais aussi + 120 % pour les technologies de l’éducation, qui ont mobilisé 65 millions de dollars et + 125 % pour les technologies liées à la santé. Les services aux entreprises sont eux aussi en nette progression (+ 800 % à 60 millions de dollars), notamment du fait de la multiplication des start-up dédiées aux logiciels.

Des investissements de plus en plus précoces

Les analystes de Partech Ventures font le constat de l’intérêt croissant des fonds d’investissements sur les start-up. La part des toutes premières levées de fonds dans les 560 millions de dollars engagées reste certes modeste (910 000 dollars, soit 0,16 % du total), mais il faut se rappeler que seuls les tours de table ayant réuni plus de 200 000 dollars sont considérés dans cette étude. En outre, les investissements recueillis lors des phases de développement préliminaires – au cours des stades Seed, Série A et Série B – ont augmenté de 86 % en un an, pour atteindre 317 millions de dollars.

Et le fonds d’investissement, qui a lancé le 18 janvier dernier son fonds de capital-risque dédié au continent, Partech Africa, qui a déjà levé 57 millions d’euros, notamment auprès d’IFC et de la Banque européenne d’investissement, mais aussi Orange et JCDecaux, et compte atteindre la barre des 100 millions en 2018. Ses dirigeants, Tidjane Deme et Cyril Collon, sont actuellement tous deux en tournée en Afrique, à la recherche de jeunes pousses prometteuses, dans lesquelles ils se proposent de prendre des participations pouvant aller de 500 000 à 5 millions d’euros.

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