décembre 26

MARIE DASYLVA : VERS L’EMPOWERMENT DES FEMMES RACISÉES EN ENTREPRISE

L’entrepreneure Marie Dasylva a fait de l’empowerment des femmes racisées en entreprise son fer lance. Zoom sur son concept d’agence de coaching dédié aux employées, étudiantes et chefs d’entreprise noires.

Dans un article paru sur Street Press il y a quelques jours, Marie Dasylva, 34 ans, expliquait l’ambition de son agence « d’empowerment et de stratégie dédiée aux femmes racisées » créée en février 2017 à Paris. Ces femmes sont à l’intersection du racisme et du sexisme. Une intersectionnalité pouvant déboucher sur quantité de problématiques sur le marché du travail : discriminations à l’embauche, harcèlement, disparité des salaires etc. Into The Chic a voulu en savoir plus sur ce projet d’entrepreneuriat social.

Un coaching de survie pour les femmes non-blanches

C’est en partant de sa propre expérience que la coach de survie, comme elle aime se définir, a décidé d’élaborer des stratégies pour aider les femmes racisées à s’armer dans l’environnement professionnel. Les « vécus traumatiques » au travail, Marie Dasylva sait ce que c’est. Elle a longtemps officié dans le secteur du luxe avant d’être licenciée. Très vite, les questions raciales et de genre se sont posées. « Ca a été très dur, j’ai fait une dépression. Puis, je me suis relevée et j’ai décidé que le bagage émotionnel n’allait pas prendre le dessus », confie cette battante dans l’âme. J’ai eu d’abord besoin d’exorciser mes humiliations », complète celle qui a fondé sa méthode de coaching sur « le savoir de lutte ».

Une technique empirique qui a d’abord germé sur papier. « Je me suis souvenue de ce collègue qui m’avait mis la main dans mon afro sans me demander la permission… J’ai écrit l’épisode sur la page de gauche d’un cahier et rédigé la réaction que j’aurais dû avoir à ce moment-là sur celle de droite », raconte aujourd’hui l’entrepreneure. Marie Dasylva a passé une année à coucher sur papier les difficultés rencontrées au travail et celles de son entourage féminin dans son « journal de pouvoir ». Et c’est en formulant des stratégies d’auto-défense et d’attaque pour chacune des situations, qu’elle s’est relevée du ring. Pas question pour cette warrior engagée, proche de l’afro-féministe Laura Nsafou avec qui elle a organisé des workshops baptisés « Femmes noires et travail », de rester K.O.

Marie Dasylva est vite passée à l’action, de la théorie à la pratique, en créant la structure Nkali (« se réapproprier sa narration », en Igbo). « J’avais envie de pouvoir coacher comme moi j’aurais aimé être coachée », avoue-t-elle.

Secouer les mentalités sur le marché du travail

Son travail, « c’est un peu de ruse, un peu de sorcellerie, de l’empathie et beaucoup d’amour », détaille avec ironie cette coach d’un nouveau genre.

Via son agence, Marie Dasylva reçoit des profils à géométrie variable allant de la chef d’entreprise à l’étudiante, en passant par la salariée. « Ce qui relie toutes ces femmes, c’est qu’elles se retrouvent toutes confrontées à une dynamique de minorisation et d’infériorisation », éclaire celle qui s’est constituée un réseau de psychologues et d’avocats pour rediriger les femmes vers des spécialistes en cas de force majeure. Apporter des solutions comportementales, juridiques et psychologiques, telle est son ambition. « Toutes les tensions que subissent les femmes racisées provoquent des démarches à 360° », constate Marie qui avoue, sans concession, que « tant qu’il y aura des racistes, elle continuera le combat » !

C’est son style « cash », qui a séduit ses clientes… Ses punchilines évoquant les diverses discriminations dont sont victimes les femmes racisées qu’elle poste sur son profil Twitter : Snatcheuse de Franges. Sans oublier les intitulés incisifs de ses séances de coaching, comme « Bitch Better have my money session » ! Des modules au cours desquels Marie Dasylva traite de sujets comme la négociation salariale ou la demande de promotion.

Un projet d’entrepreneuriat social qui va bien au-delà de l’individuel,  mais qui vise aussi, petit à petit, à faire bouger les mentalités !

Compter entre 35 et 75 euros la séance pour du coaching personnalisé. Plus d’infos sur la page Facebook de l’agence Nkali.

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