février 24

Niger: l’innovation dans le secteur agropastoral

Le forum Sahel Innov s’est achevé vendredi 24 février à Niamey. C’était la première édition d’un forum entièrement consacré à l’innovation et aux start-up dans la région sahélienne. Une quarantaine de jeunes pousses avaient fait le déplacement pour présenter leurs inventions. Il a notamment été question de mettre l’innovation au service des activités agricoles et pastorales, principales sources de revenus des pays sahéliens.

Au Niger, l’agriculture et l’élevage représentent près de la moitié du Produit intérieur brut du pays. Lors de l’ouverture du concours Niger App, qui récompensera dans 15 jours une application mobile, le ministre des Postes, des Télécommunications et du Numérique, Sani Maigochi, est clair sur les priorités du gouvernement : « Les meilleurs projets en matière d’innovation des applications peuvent s’adapter aux besoins de l’agriculture, de l’élevage, de tout ce qui compose la base productive de notre population. L’intérêt pour notre pays, c’est d’appliquer le numérique à ces différentes bases de production de richesses au niveau de notre territoire. »

Abdou Mamane Kane est le fondateur de Tech-Innov et l’inventeur de la télé-irrigation. Une application qui permet aux agriculteurs de gérer par téléphone l’irrigation de leurs cultures. Aujourd’hui, 200 exploitations du pays en sont équipées. Toutes ont augmenté leur rentabilité. Abdou Mamane Kane explique : « L’exploitation de Goubé se trouve à 40 km de Niamey. Nous y avons trouvé un terrain glacis. Les femmes n’y avaient qu’un seul puits où elles allaient chercher l’eau toute la journée. Chacune n’exploitait que 2 m2. Avec notre système, elles ont toutes pu augmenter leur surface cultivée jusqu’à 33 m2. Elles gagnent en moyenne 1 750 francs CFA par semaine. Avant elles ne gagnaient même pas ça en un mois. Pour vous parler honnêtement, jusqu’à présent je n’ai reçu aucun appui de la part du Niger, pas même moral. Je suis plus connu à l’étranger pour ma technologie. »

Un soutien, notamment financier, c’est aussi ce qui manque à Dan Dobi Yacouba, le promoteur de la ferme Youyou, au sud de Niamey. Depuis deux ans, il expérimente des croisements de poules pour obtenir une race plus productive que le poulet bicyclette. Sa grande réussite, le croisement de la pintade et du coq pour donner, la poule Youyou. « Nos poules d’ordinaire sont petites, donc on les mélange avec des grandes races pour obtenir des poules avec plus de viande. Elles ont presque deux fois plus de chair que nos poules locales. Je n’ai pas encore commencé la commercialisation, car il nous manque des fonds pour avoir encore plus de coqs et de poules. Il nous faut aussi des habitats spécifiques et des poussinières. On a un gros problème de fonds. Pour le moment, ce sont les revenus de la ferme qui financent la recherche, et mon salaire, car je travaille aussi à côté. »

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