août 09

JO 2016: le judo africain à la recherche d’expérience à Rio

Le Continent africain est représenté par trente-deux nations et quarante-six compétiteurs aux Jeux olympiques de Rio. Mais les chances de médailles sont rares et la plupart des athlètes sortent dès le premier combat. Au Brésil, les judokas africains sont venus chercher de l’expérience.

Ils transpirent à grosses gouttes, ils boitillent et ont parfois des larmes sur les joues. A la sortie du tatami, on est loin de l’ambiance carioca pour le continent africain. Même si le judo restera toujours un sport de passionnés, une école de la vie, rien n’est facile dans cette discipline exigeante.

Zoulehia Abzetta Dabonne, d’Abidjan à Rio

Dans l’enceinte du stade Carioca Arena 2, les espoirs s’envolent aussi rapidement qu’un cerf-volant lancé par les gamins sur les toits des favelas de Rio. Face à la Japonaise Kaori Matsumoto, championne olympique, qui est sortie du tapis en toute décontraction, l’Ivoirienne Zoulehia Abzetta Dabonne (- de 57 kilos) n’a fait qu’un tour. Si elle a tenté de se battre au sol, la représentante du pays du Soleil-Levant a fini par l’immobiliser et gagner ce combat déséquilibré.

« Je n’ai rien vu. C’est passé site vite. Je suis déçu », murmure l’Ivoirienne. Zoulehia Abzetta Dabonne, fan de judo depuis l’enfance, attendait ce moment depuis longtemps. Pour elle qui s’entraîne parfois en France, ce fut une compétition comme une autre, au même titre que les Mondiaux. Mais les Jeux restent une histoire à part.

« Je voudrais être à Tokyo dans quatre ans »

« Ici, tu croises les meilleures judokates du monde. J’ai l’occasion de m’entraîner en Europe, mais ce n’est pas la même chose », lâche-t-elle. « Je ne sais pas si j’ai appris quelque chose aujourd’hui, mais je voudrais être à Tokyo dans quatre ans », avoue Zoulehia Abzetta Dabonne en esquissant un petit sourire. La Française Automne Pavia, une des grandes chances de médaille d’or, a aussi buté sur la Japonaise pour son deuxième combat du jour. Comme quoi ! Le Japon reste la plus grande nation de judo.

« C’était mission impossible contre la championne olympique. Nous n’avons pas eu de chance au tirage », dira son entraîneur Paul Delormas, qui espère que l’Ivoirienne sera au top niveau aux prochains Jeux de la Francophonie à Abidjan en juillet 2017.

« C’est un des rares sports où tu peux tout perdre en quelques secondes. Quand tu prends une Japonaise au premier tour, cela peut aller très vite pour un représentant d’une petite nation », nous raconte la Française Lucie Décosse, championne du monde à trois reprises et championne olympique à Londres en 2012.

Ahmed Goumard, représentant du Niger

Avant la judokate ivoirienne, un athlète nigérien avait croisé le fer face à un représentant des Etats-Unis, Nicholas Delpopolo. Ahmed Goumard (- 73 kilos) n’a pas fait un pli. « J’ai tenu jusqu’à la dernière minute et je me suis relâché », commente Goumard, qui a commencé le judo à Niamey. Il ne peut pas être satisfait de ses premiers JO : « Il nous manque encore beaucoup de tactique pour faire mieux. J’aurais voulu passer au moins deux tours. » Ses stages en France et au Maroc n’ont pas suffi. « Ça n’a pas marché », lâche-t-il en boucle.

La Sénégalaise Hortance Diedhiou et le Gambien Faye Njie ont aussi passé peu de temps sur le tatami ce lundi matin. La veille, le combattant zambien Mathews Punza, 118e mondial, avait battu le judoka israélien Golan Polack, classé septième et considéré comme un prétendant sérieux à une médaille (- 66 kilos). Une énorme surprise. Christianne Legentil, de l’île Maurice, avait le loisir de passer un tour dans le tournoi féminin de moins de 52 kg.

Deux médailles pour le continent africain dans l’histoire du judo aux JO

Dans l’histoire du judo aux JO, chez les femmes, seule l’Algérienne Soraya Haddad a réussi à rentrer à la maison avec une médaille de bronze autour du cou en 2008 à Pékin. Du côté des hommes, l’Egyptien Mohamed Rashwan décroche l’argent en 1984 à Los Angeles.

« Ce n’est pas simple de se qualifier et quand ta compétition ne dure que quelques minutes, c’est dur à vivre », raconte la jeune Canadienne Catherine Beauchemin-Pinard à la presse de son pays. Les yeux rouges, la voix chevrotante, elle exprime ce que les presque 400 judokas venus de tous les continents vivent à Rio. Ils ne seront qu’une poignée à goûter à l’or olympique.

Retrouvez l’article ici