juillet 20

À Montréal, le festival Nuits d’Afrique fête ses 30 ans avec Manu Dibango

L’événement montréalais en pleine expansion a rendu hommage à Manu Dibango, primé et célébré le temps d’un concert à guichets fermés.

Il est donc possible de rendre un public totalement hystérique en jouant une berceuse. Dès les premières notes au saxo de Soir au village, sur un simple accompagnement de clavier, les quelque 600 spectateurs du Théâtre Fairmount acclamaient Manu Dibango. Le père de la world music venait clore en personne dans une ambiance devenue électrique une soirée hommage après que la nouvelle génération de la scène montréalaise (Veeby, Elété, Rookie Rook) et l’explosive formation cubaine Proyecto Iré ont interprété ses standards.

Quelques heures auparavant, le saxophoniste franco-camerounais recevait le Prix Nuits d’Afrique pour la francophonie. C’est la première fois depuis sa création il y a 30 ans que l’événement remet une telle récompense, qui ne sera pas la dernière puisqu’elle reviendra dorénavant lors de toutes les éditions. En distinguant Manu, les organisateurs, et notamment le créateur du festival, le Canadien d’origine guinéenne Lamine Touré, ont voulu saluer sa vision rassembleuse de la Francophonie.

« Plus grand festival africain du monde »

Fédérateur, le grand Dibango l’a été une fois de plus au micro pendant le concert. S’invitant sur scène pendant le set du groupe cubain, le jazzman de 82 printemps a improvisé avec les musiciens en faisant preuve d’une aisance toujours aussi déconcertante, concluant le morceau tout sourire : « On peut vraiment communiquer avec tout le monde grâce à la musique ! » Puis d’ajouter avec un œil coquin : « La musique est faite pour l’amour, pour bouger de gauche à droite… et d’avant en arrière. » En bon tacticien il a également fait acclamer Nuits d’Afrique, « plus grand festival africain du monde. »

On a envie de lui donner raison en épluchant l’épais et appétissant programme des festivités qui s’étendent du 12 au 24 juillet : 700 artistes venant de 35 pays différents (dont Rachid Taha, le Sierra Leone’s refugee all stars, l’Ivoirien Meiway ou le géant du kompa haïtien Tabou Combo), 110 concerts, et un « village des Nuits d’Afrique » pour toute la famille, prolongé et agrandi, permettant de revivre les meilleurs moments du festival.

Deux compilations célèbrent également cette édition exceptionnelle. L’une avec la scène émergente, l’autre retraçant les grands moments du festival, depuis Daby Touré et le regretté Papa Wemba, jusqu’aux Algériens de Syncop et, toujours… Manu Dibango (« Lagos go slow »).

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